Le livret : structure et synopsis

Aldo, fis d’une grande famille d’Orsenna, quitte la ville pour aller occuper le poste d’ « Observateur » des forces armées de l’Amirauté, forteresse défensive située aux confins du territoire et aux abords de la mer des Syrtes. Une guerre entre Orsenna et le Farghestan, pays situé par-delà la mer des Syrtes, s’est enlisée depuis plusieurs siècles pour laisser place à un armistice tacite sur lequel veillent les forces de l’Amirauté. L’Amirauté, sous le calme commandement de Marino, semble vouée pour jamais à cette immobilité et à ce silence. L’arrivée d’Aldo modifie cet équilibre : les récits de Vanessa – son amante, installée depuis peu à Maremma, non loin de l’Amirauté –, ceux de Belsenza – agent secret d’Orsenna à Maremma –, une atmosphère étouffante qui baigne les Syrtes et aiguise son imagination, le conduisent à franchir, à bord d’un bâtiment militaire, la frontière des Syrtes. Orsenna se précipite alors dans une guerre dont Aldo ne comprendra que plus tard, au cours d’un dialogue intensément dramatique avec Danielo – personnalité politique la plus puissante d’Orsenna –, qu’elle était une fatalité dont il n’avait été que l’instrument.

Acte I : L’Amirauté

Scène 1 : Aldo, Fabrizio

Fabrizio, jeune officier de l’Amirauté, trouve que son ami Aldo a changé depuis son arrivée et le lui dit. Aldo s’en défend. Le ton monte puis les deux jeunes gens se réconcilient.

Scène 2 : Aldo, Marino

Aldo rend compte à Marino, Capitaine de l’Amirauté, de la navigation illégale d’un bateau par-delà les zones de patrouilles, la veille au soir. Marino met en garde Aldo, qui évoque le Farghestan, contre son caractère rêveur. Il annonce néanmoins une patrouille de surveillance pour le soir même. Il fait part à Aldo de l’invitation à une soirée le lendemain de la part de Vanessa Aldobrandi, riche jeune fille issue d’une puissante famille d’Orsenna qu’Aldo a connue à Orsenna dans le passé, et qui s’est installée dans un palais familial à Maremma, non loin de l’Amirauté.

 Scène 3 : Aldo, Vanessa

Le lendemain soir. Aldo ne s’est pas rendu à la fête. Vanessa vient le chercher de nuit à l’Amirauté. Une tendresse complice, affectueuse et ancienne se dégage de leur entrevue. Vanessa évoque un lieu dit les « ruines de Sagra », proche de l’Amirauté. Aldo reconnaît y être allé. Vanessa est troublée, écourte cette discussion en demandant à Aldo de ne parler de Sagra à personne. Elle l’emmène à Maremma.

 

Acte II : Maremma

Scène 1 : Aldo, Marino

Quand Aldo arrive au Palais, Marino s’apprête à quitter la fête avec Fabrizio. Il échange avec Aldo quelques propos sur les invités en présence et sur le climat malsain de Maremma.

 Scène 2 : Aldo, Belsenza

Belsenza, agent secret de la Seigneurie en poste à Maremma, se rapproche d’Aldo et lui fait part de « bruits » circulant dans la petite ville au sujet d’un changement politique intervenu au Farghestan et qui ne « présagerait rien de bon pour Orsenna ». Aldo finit par congédier l’importun en lui reprochant des propos infondés.

 Scène 3 : Aldo, Vanessa

Vanessa s’inquiète de ce qu’Aldo aurait pu dire à Belsenza ou Marino à propos de Sagra. Aldo sait qu’un bateau y est ancré illégalement, et que ce bateau est celui qu’il a vu naviguer dans la passe deux jours plus tôt, mais il n’a rien dit. Aldo demande à Vanessa ce qu’elle est venue faire à Maremma. Elle répond énigmatiquement que « quelque chose » doit arriver. Aldo suspecte que les « bruits » dont parlait Belsenza proviennent du palais. Vanessa le dément, mais dit ne pas souhaiter que ces bruits s’estompent. Elle finit par faire l’éloge du portrait d’un de ses ancêtres, Piero Aldobrandi, qui a trahi Orsenna à l’occasion de son conflit ouvert avec le Farghestan. Elle annonce qu’elle va partir quelques jours à Orsenna et que le Capitaine Marino doit s’y rendre aussi. « Seul maître à bord » à l’Amirauté, Aldo saura, suppose-t-elle, ce qu’il lui revient de faire… et le lui laisse entendre.

 

Acte III : L’Amirauté

Scène 1 : Aldo, L’Envoyé du Farghestan

Plusieurs jours plus tard. Un diplomate du Fargestan surprend Aldo en pleine nuit dans sa chambre à l’Amirauté. Il explique à Aldo qu’un bâtiment militaire d’Orsenna a franchi les limites de la patrouille, s’approchant de très près des côtes du Farghestan. Il sait qu’Aldo le commandait – en l’absence de Marino – , le lui dit et signale à Aldo que les autorités farghiennes attendent d’Orsenna l’assurance qu’il ne s’agissait pas d’une entreprise belliqueuse, faute de quoi elles considèreront l’armistice tacite entre les deux pays comme caduque. L’Envoyé quitte la pièce. Aldo tombe dans un profond sommeil.

 Scène 2 : Aldo, Vanessa

Vanessa entre à son tour. Aldo s’éveille. Elle lui fait part de la joie qui a été la sienne en apprenant qu’il a bravé l’interdit. Aldo rend compte à Vanessa du passage et des menaces de l’Envoyé, déclare l’avoir reconnu pour l’un des membres de l’équipage de Vanessa sur le bateau de Sagra, la soupçonne de trahison et l’accuse de l’avoir incité, lui, Aldo, à provoquer le Farghestan. Aldo ne semble pas bien savoir lui-même ce qui l’a poussé à approcher les côtes farghiennes. Il s’aperçoit effrayé que Vanessa met tout en œuvre pour précipiter une guerre.

 Scène 3 : Aldo, Marino

Marino, qui est de retour et a appris la nouvelle, dispense Aldo de lui rendre des comptes. Il affirme avoir toujours su qu’Aldo irait « là-bas », et assure que la situation dépasse largement Aldo : « le cœur d’Orsenna défaille ». Il annonce être renvoyé de l’Amirauté, et la succession d’Aldo à son poste. Il communique à Aldo la convocation de ce dernier au Conseil de Surveillance d’Orsenna. La scène s’achève sur des paroles de Marino laissant entrevoir qu’il pourrait tenter de mettre fin à ses jours.

 

Acte IV : Orsenna. La Seigneurie

Scène unique : Aldo, Danielo

Danielo, membre le plus influent de l’organe administratif le plus puissant d’Orsenna (le Conseil de Surveillance) reçoit Aldo dans la grande salle du Conseil. Il déplore la mort brutale de Marino et confirme à Aldo qu’il devra le remplacer, du fait même qu’il est à l’origine de la mise en demeure du Farghestan. Aldo se défend d’en être seul à l’origine et soutient que Danielo lui-même, tacitement, l’a incité à provoquer le Farghestan, ce que Danielo ne dément pas. Ce dernier fait valoir une théorie de l’histoire et des civilisations qui justifie, selon lui, qu’Orsenna ne se dérobe pas à la menace de guerre imminente. Aldo, désespéré, tente une dernière fois de le faire changer d’avis. Danielo annonce que les troupes farghiennes sont déjà en marche. Il est trop tard pour reculer.