Extraits

Extrait N°1 : Acte I. Scène deuxième. Aldo, Marino.

MARINO

Tu es jeune, et je te comprends.

J’ai été comme toi, plein de zèle très égoïste pour le service.

J’ai pensé comme toi

qu’il devait m’arriver des choses singulières.

Je m’y croyais destiné.

Tu vieilliras comme moi, Aldo,

et tu comprendras.

Il n’arrive pas de choses singulières.

Tu t’ennuies à l’Amirauté.

Je te conseille de… partir.

 

Extrait N°2 : Acte II. Scène troisième : Aldo, Vanessa.

VANESSA

Je pars demain pour Orsenna…

J’emmène Marino : il doit s’y rendre lui aussi.

Tu seras seul maître à l’Amirauté.

A la fin du mois, je serai de retour.

Nous nous retrouverons ce jour-là, Aldo.

Ce qu’il t’est donné de faire,

Tu le sais maintenant.

Depuis que tu es venu,

Tu n’as pas vécu pour autre chose.

 

Extrait N°3 : Acte III. Scène première : Aldo, l’Envoyé du Farghestan.

L’ENVOYÉ

Orsenna et mon pays, le Farghestan,

sont en état de guerre, vous le savez.

La querelle est fort ancienne.

La mer des Syrtes est large.

Les deux pays

ont depuis longtemps évité de s’y rencontrer.

La guerre s’est assoupie ;

elle semblait même dormir tout à fait.

Mais dans la nuit de jeudi à vendredi,

un navire suspect a été aperçu

croisant tout près de nos côtes.

Il venait d’Orsenna.

C’était un navire de guerre.

Vous le commandiez.

 

Extrait N°4 : Acte IV. Scène unique : Aldo, Danielo

DANIELO

Il n’y a pas de langue connue, Aldo,

où un Etat trébuchant puisse confesser ses troubles intimes.

Pas de langue, et c’est dommage…

Un Etat ne meurt pas,

ce n’est qu’une forme qui se défait.

Il vient un moment où ce qui a été lié

aspire à se délier.

Et quand l’heure est venue,

j’appelle cela une chose désirable et bonne.

Cela s’appelle mourir de sa bonne mort.